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Le guide du commerçant – La gestion des stocks

Comment éviter les stocks dormants ?

Dans l’industrie comme dans le commerce, l’un des enjeux de la gestion de stock est l’optimisation des coûts. Pour y parvenir, elle s’appuie sur le choix d’un modèle de gestion pertinent — garant d’un taux de rotation élevé, donc d’une bonne rentabilité —, mais aussi sur de très faibles volumes de stocks dormants. Explications.

Qu’est-ce qu’un stock dormant ?

Les stocks dormants sont le cauchemar de toutes les entreprises industrielles et commerciales, leur gestion un vrai casse-tête. Du prévisionnel de ventes aux matières premières, en passant par les tendances marché, sans compter les ressources internes pour produire ou le réseau de distribution, toutes les entreprises se retrouvent confrontées à des stocks dormants.

Définition des stocks dormants

Les stocks dormants ne tournent pas. Ils dépérissent au fond d’un entrepôt, occasionnant ainsi des coûts de gestion trop élevés. Ils peuvent être de nature très diverse.

Avant production

Matières premières : matières métalliques (tôles en aluminium, barres de fer, platine…), matières minérales (sable, gravier, argile…), matières végétales (coton, bois, algues, caoutchouc…), matières animales (peaux, laine…), etc.
Composants électroniques (câbles, résistances, LED, condos…)
Fournitures industrielles (baguettes de soudure, vis, fraises d’usinages…)
Emballages (cartons, pochettes, sacs, bacs plastiques…)

Après production

Tous les produits finis ou semi-finis destinés à la vente, quel que soit leur type : produits agricoles non emballés, produits manufacturés semi-finis ou finis…

Immobilisés logistiquement et financièrement, tous ces stocks sont la plupart du temps la conséquence d’une faille dans la chaîne logistique (erreur de commande, logiciel de gestion n’intégrant pas les DLC…).
Mais, ils peuvent aussi résulter :
de retours clients,
l’effondrement d’un marché et des ventes,
d’un changement de seuil de commande chez un fournisseur,
d’un changement de nomenclature.

Identifier ses stocks dormants

Avant de mettre en place une batterie de process pour supprimer ses stocks dormants, il est essentiel de bien les identifier et de comprendre les raisons qui les ont amenés à dépérir. En ce sens, une méthode d’inventaire fréquente, à l’instar du permanent ou du tournant, garantit une photographie juste des stocks, dont les dormants qui génèrent un coût logistique inutile. En procédant de cette façon, il est ainsi possible de réagir rapidement et de limiter considérablement leur accumulation.

Comment réduire ses stocks dormants ?

Nous l’avons vu, si les stocks dormants sont souvent le fruit d’un problème dans la chaîne logistique que l’on peut résoudre en modifiant son organisation interne, il est aussi de nombreux cas où une excellente gestion des stocks n’a pas suffi à les supprimer complètement. Alors, comment les réduire de façon drastique et perdre le moins d’argent possible ? Trois solutions existent.

La stratégie des flux tendus

C’est le modèle anti-stocks dormants par excellence. S’il ne prémunit pas des potentiels retours clients ou des réévaluations de seuils de commande des fournisseurs, il impose la production d’un produit uniquement lorsque ce dernier est commandé.
Cependant, en cas de demande plus forte que la capacité de production, cela peut entrainer des ruptures et coûter plus cher à l’entreprise : l’insatisfaction des clients étant plus dommageable qu’un petit stock tampon.

L’anticipation de la demande

Peu importe le modèle de gestion de stock retenu par l’entreprise, il lui est possible de diminuer considérablement ses stocks dormants en anticipant la demande grâce à son suivi en direct. Ainsi, on gagne en réactivité grâce à une grande souplesse de gestion. On peut interrompre ou ralentir les commandes ou de la production en cas de baisse de la demande. À l’inverse, on peut anticiper les ruptures de stock en cas de forte demande.

La vente de ses stocks dormants

Dès la connaissance de stocks dormants, l’entreprise peut limiter la perte financière qu’ils génèrent en les déstockant en magasin ou les cédant à une plateforme de valorisation ayant pour mission de la mettre en relation avec des acheteurs potentiels.

Comment bien gérer ses stocks ?

Qu’il s’agisse des approvisionnements ou des sorties de stock, différentes méthodes existent pour bien gérer la vie d’une marchandise au sein d’une entreprise. Cependant, elles sont à choisir en fonction de l’activité et de la stratégie de l’entité pour être réellement efficaces.
Si la stratégie puise plutôt son inspiration dans le factuel, on analyse l’historique des ventes pour commander. Si la stratégie repose sur le prévisionnel on analyse en plus de l’historique toutes les tendances du marché pour les anticiper et être force de proposition auprès de sa clientèle.

 

Méthodes d’approvisionnement

On dénombre quatre méthodes d’approvisionnement.

Le Juste-à-temps (JAT)

Les achats se font selon la demande, ce qui permet de réduire à quasi-néant le stockage. Il est très prisé dans le cadre de l’entente parfaite entre l’entreprise qui le met en place, ses clients et fournisseurs.

Le réapprovisionnement

Également connu sous le nom de « méthode calendaire », il consiste à passer en commande une quantité fixe à une date fixe, selon la formule de Wilson ou QEC.

Le Kanban

Cette méthode instaure un stock tampon minimum à partir duquel les achats sont effectués de façon progressive, selon les volumes commandés par la clientèle.

Le point de commande

Comme le Kanban, le point de commande consiste à mettre en place un stock minimum. Mais, quand ce dernier est atteint, un approvisionnement est déclenché automatiquement, quelle que soit la date.

Méthodes de sorties de stock

Les sorties, comme les entrées, peuvent être gérées selon des méthodes différentes. Elles varient toujours en fonction de l’activité, de la taille et des besoins de l’entreprise.

Méthode FIFO

La méthode FIFO ou « premier entré premier sorti » consiste à suivre un ordre chronologique dans les retraits de marchandises : des plus anciennes au plus récentes. C’est une méthode appréciée des métiers qui utilisent des denrées périssables ou font face à des problématiques d’obsolescence ou de dégradation.

Méthode LIFO

La méthode LIFO ou « dernier entré premier sorti » repose sur le principe inverse de la précédente. Utilisée par les entreprises qui n’ont pas de produits ayant une DLC, elle est appréciée des opérationnels qui ont le souci de faciliter leur tâche et d’optimiser leur temps.

 

Méthode FEFO

La méthode FEFO ou « premier expiré, premier sorti » accorde une importance capitale aux DLC. Elle fait donc sortir en priorité les marchandises aux proches dates d’expiration.

Rotations de stocks

La rotation des stocks d’une entreprise doit être élevée pour assurer une bonne rentabilité. En effet, plus les marchandises entrent et sortent, plus elles sont nombreuses à supporter les frais fixes, donc à amortir rapidement le stock.

Indicateurs de performance

Le taux de rotation aide à estimer le nombre de fois où le stock doit être intégralement renouvelé pour réaliser un certain chiffre d’affaires sur une période précise.

La durée moyenne de stockage établit une moyenne du nombre de jours de stockage d’un article.

Pour conclure, les stocks dormants ne sont pas une fatalité. Il est possible d’en réduire drastiquement le volume en mettant en place une gestion agile de ses stocks, notamment grâce à une stratégie d’approvisionnements et de sorties des stocks étudiée.

En résumé

  • Identifiez vos stocks dormants grâce à des inventaires réguliers
  • Réduisez vos stocks dormants en adoptant une stratégie de flux tendus, en anticipant la demande et/ou en vendant vos stocks
  • Adoptez une excellente gestion de vos stocks tant au niveau des approvisionnements que des sorties
  • Veillez à vos rotations de stock
  • Investissez dans un logiciel de gestion pour développer une gestion agile